Oui, mais seulement pour l'électricité du réseau qu'ils remplacent. Chaque kWh solaire autoconsommé est un kWh que vous n'achetez pas, donc votre scope 2 baisse. Un système de batterie entreprise renforce cet effet : il déplace le surplus solaire de midi vers le soir et la nuit. Il ne rend pas l'électricité du réseau plus verte, et l'électricité injectée ne se déduit jamais. Pour la plupart des entreprises, la batterie se rentabilise sur la facture ; la baisse du scope 2 est un bonus à déclarer.
Un grand client vient peut-être de vous envoyer un questionnaire fournisseur. Ou votre banque demande « le scope 1 et 2 » avant d'accorder un prêt vert. Vous avez des panneaux solaires sur le toit et une application qui affiche « tonnes de CO2 évitées ». Vous vous demandez quel chiffre mettre dans le formulaire, et si une batterie l'améliorerait.
Ce chiffre de l'application n'est généralement pas votre scope 2. Le scope 2 suit des règles de calcul strictes du GHG Protocol, et les erreurs les plus fréquentes embellissent toutes votre chiffre. Utiliser le relevé net du compteur, déduire l'injection, ou revendiquer des certificats vendus : un auditeur ou l'équipe RSE de votre client le corrigera. Mieux vaut appliquer la bonne méthode dès le départ et garder les données dès le premier jour.
Qu'est-ce que le scope 2, et quelle différence avec les scopes 1 et 3 ?
Le scope 1, c'est ce que vous brûlez vous-même. Le scope 2, l'énergie que vous achetez. Le scope 3, tout le reste de votre chaîne de valeur. Le GHG Protocol, la norme de calcul mondiale à laquelle renvoient les rapports européens, répartit les émissions d'une entreprise en ces trois groupes.
| Scope | Ce qu'il couvre | Exemples sur un site d'entreprise |
|---|---|---|
| Scope 1 | Émissions directes des sources que vous possédez ou contrôlez | Chaudière au gaz, groupe électrogène diesel, camionnettes et chariots diesel, une cogénération |
| Scope 2 | Émissions indirectes de l'électricité, la chaleur, la vapeur ou le froid achetés et consommés | Électricité du réseau, chaleur d'un réseau de chaleur |
| Scope 3 | Toutes les autres émissions indirectes de votre chaîne de valeur | Biens achetés, biens d'équipement comme panneaux et batteries, transport, déchets |
Les panneaux solaires et une batterie touchent aux trois. Ils réduisent l'électricité achetée au réseau (scope 2). Ils peuvent remplacer un groupe électrogène diesel (scope 1). Et leur fabrication a causé des émissions, comptées en scope 3 comme biens d'équipement.
L'autoconsommation solaire compte-t-elle dans le scope 2 ?
Non. L'électricité solaire produite par vos propres panneaux et autoconsommée n'est pas du scope 2, car vous ne l'avez pas achetée. Les émissions de votre propre production vont en scope 1, et pour des panneaux solaires, elles sont nulles.
Le Scope 2 Guidance du GHG Protocol précise qui déclare quoi. La réponse dépend de qui possède les panneaux et de ce qui arrive aux certificats de l'électricité solaire.
| Votre situation | Scope 2 pour l'électricité solaire autoconsommée |
|---|---|
| Vos propres panneaux, aucun certificat émis ni vendu | Aucun : l'autoconsommation de votre production n'est pas du scope 2 |
| Vos propres panneaux, certificats conservés et utilisés par vous | Aucun, et vous indiquez avoir conservé les certificats |
| Vos propres panneaux, certificats vendus à un tiers | Vous comptez cette électricité comme celle du réseau, avec les facteurs d'émission habituels |
| Panneaux sur votre toit, possédés et exploités par un tiers | Scope 2 : vous achetez l'électricité à une autre entreprise |
Cette dernière ligne compte si vous envisagez un tiers-investisseur pour vos panneaux ou votre batterie. Notre article sur le leasing ou le tiers-investissement pour une batterie d'entreprise compare les formules. Selon le GHG Protocol, l'entreprise qui exploite l'installation déclare ses émissions en scope 1. Vous déclarez l'électricité que vous lui achetez en scope 2.
Comment calculer le scope 2 avec des panneaux solaires : en brut ou en net ?
Toujours en brut. Le GHG Protocol demande d'utiliser le total de vos achats sur le réseau, et non vos achats moins ce que vous avez injecté.
Le Scope 2 Guidance donne un exemple simple. Un site produit 100 kWh avec ses propres panneaux solaires. Il en consomme 50 kWh et en injecte 50 kWh. Il prélève aussi 70 kWh sur le réseau.
Même site, trois chiffres : un seul sert de base au scope 2
Votre consommation totale est de 120 kWh : 50 de vos panneaux et 70 du réseau. Votre scope 2 se calcule sur les 70 kWh achetés. Le chiffre net de 20 kWh cacherait 50 kWh d'achats. Les normes européennes de reporting suivent la même logique : vous ne pouvez pas compenser votre consommation par l'énergie vendue.
Vous appliquez ensuite des facteurs d'émission à ces 70 kWh. Il existe deux méthodes, et les grandes entreprises doivent publier les deux :
Location-based
- Utilise le facteur d'émission moyen du réseau où vous consommez
- Montre ce que votre consommation cause sur le réseau local
- Ne change que si vous achetez moins, ou si le réseau devient plus propre
- C'est le chiffre que demande la norme volontaire européenne pour les PME
Market-based
- Utilise le facteur d'émission de ce que vous achetez par contrat
- Un contrat vert ou des garanties d'origine peuvent le réduire
- L'électricité sans contrat reçoit le mix résiduel, ce qui reste après toutes les allégations vertes
- L'ESRS E1 demande ce chiffre à côté du location-based
Conseil
Demandez vos données de comptage à votre gestionnaire de réseau (ORES, RESA, Sibelga ou Fluvius) ou à votre fournisseur, avec prélèvement et injection séparés. Le monitoring de votre onduleur ou de votre batterie donne la production solaire. Vous avez alors les trois chiffres ci-dessus.
Une batterie réduit-elle vos émissions de scope 2 ?
Une batterie réduit vos émissions de scope 2 si elle stocke votre surplus solaire et le restitue quand le soleil est parti. Vous achetez alors moins de kWh au réseau. La batterie elle-même ne produit rien.
Reprenons le même site. À midi, les panneaux produisent plus que la consommation du site : 50 kWh partent vers le réseau. Le soir, le site achète à nouveau de l'électricité. Supposons qu'une batterie stocke 30 kWh de ce surplus et les restitue après le coucher du soleil. Les prélèvements sur le réseau passent de 70 kWh à un peu plus de 40 kWh. Un peu plus, car une batterie perd une petite partie de l'énergie stockée.
Ce qu'une batterie change un jour ensoleillé
Ce qu'une batterie ne fait pas pour le scope 2 :
- Charger la nuit sur le réseau et décharger le jour ne réduit pas un chiffre location-based, qui utilise un facteur moyen du réseau. Les pertes de stockage ajoutent même un peu de consommation.
- L'écrêtage des pointes (peak shaving) réduit votre tarif capacitaire et votre facture, pas vos kWh. Notre guide sur le calcul du tarif capacitaire pour les entreprises montre ce que vaut une pointe plus basse.
- L'alimentation de secours protège votre production. Elle ne change pas vos émissions, sauf si la batterie remplace un groupe électrogène diesel qui tournait (le scope 1 baisse alors).
Notre avis
Une batterie n'est un outil de scope 2 que si vous avez un surplus solaire à stocker. Pas de surplus, pas d'effet sur le scope 2. Dimensionnez la batterie sur votre production et votre consommation du soir, pas sur le rapport.
Quels chiffres énergie un rapport CSRD ou VSME demande-t-il à une PME ?
Chaque cadre commence par les deux mêmes chiffres : votre consommation totale d'énergie en MWh et vos émissions de gaz à effet de serre estimées. Le niveau de détail dépend de qui demande.
La norme volontaire européenne pour les PME (VSME) demande la consommation totale d'énergie en MWh. Si possible, vous séparez électricité et combustibles en renouvelable et non renouvelable. Pour les émissions, elle demande le scope 1 et le scope 2 location-based, en tonnes d'équivalent CO2. Les grandes entreprises qui appliquent la norme complète (ESRS E1) ajoutent le scope 2 market-based. Si elles produisent de l'énergie, elles déclarent aussi leur production renouvelable à part.
Rassemblez ces chiffres par an et par site :
Prélèvements sur le réseau
Le prélèvement brut en kWh, issu des données de comptage de votre gestionnaire de réseau, pas le chiffre net de la facture.
Votre production solaire
Depuis l'onduleur ou le monitoring de votre installation, avec la part autoconsommée et la part injectée.
Flux de la batterie
Charge et décharge en kWh, pour montrer d'où venait l'énergie stockée.
Combustibles
Diesel, gaz et essence pour chaudières, groupes, camionnettes et machines : c'est votre scope 1.
Contrats et certificats
Le mix énergétique de votre fournisseur, un contrat vert, et les garanties d'origine conservées, vendues ou annulées.
La plupart de ces données sont déjà dans votre monitoring. Notre logiciel de gestion intelligente des batteries affiche consommation et production solaire via l'application et le portail VRM. Il fournit des rapports par minute, heure ou jour. Vous comparez d'abord des outils ? Lisez ce qu'un système de gestion de l'énergie apporte à une entreprise.
Votre PME doit-elle encore publier un rapport CSRD ?
Probablement pas. Depuis la simplification européenne de 2026, la CSRD n'oblige plus que les entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires. Ce périmètre s'applique aux exercices commençant à partir du 1er janvier 2027.
La directive (UE) 2026/470 a réduit le champ de la CSRD, la directive européenne sur le reporting de durabilité. La Belgique doit transposer les nouvelles règles au plus tard le 19 mars 2027. Sous les seuils, le reporting est volontaire.
Cela ne veut pas dire que personne ne vous demandera rien. Vos grands clients publient toujours sur leur chaîne de valeur, dont vos chiffres font partie. Les banques et assureurs veulent des données climat pour leurs propres rapports et pour les prêts verts.
L'UE protège désormais les petits fournisseurs par un « plafond de la chaîne de valeur ». Le règlement délégué (UE) 2026/1560 fixe cette limite. Une entreprise qui publie ne peut pas demander à un fournisseur de 1 000 salariés au plus davantage que la norme volontaire. Cela vaut pour les exercices commençant à partir du 1er janvier 2027. Pour les fournisseurs de plus de 10 salariés, ce plafond inclut la consommation totale d'énergie en MWh et les émissions estimées. Les banques sont encouragées à limiter leurs questions à la même norme.
Attention
Le plafond ne couvre que les demandes liées au reporting de durabilité. Un client peut encore demander des données nécessaires à d'autres obligations légales, ou fixer des conditions dans un contrat. Gardez donc vos chiffres énergie prêts.
Garanties d'origine : que se passe-t-il si vous vendez celles de votre électricité solaire ?
Si vous vendez les garanties d'origine de votre électricité solaire, vous ne pouvez plus la compter comme votre propre énergie renouvelable. Une garantie d'origine (GO) est le certificat qui prouve qu'1 MWh provient d'une source renouvelable, et une seule partie peut la revendiquer.
Le GHG Protocol est clair. Une entreprise qui consomme l'électricité de sa propre installation mais a vendu les certificats déclare cette électricité avec les facteurs d'émission habituels du réseau. Cela vaut pour le chiffre market-based et le location-based. La règle évite que deux entreprises revendiquent le même MWh vert.
En Wallonie et à Bruxelles, les règles sont régionales : demandez à votre régulateur (CWaPE, Brugel) ce qui s'applique à votre installation. En Flandre, la Vlaamse Nutsregulator explique que le propriétaire de panneaux solaires demande ses GO via le gestionnaire de réseau (Fluvius). Il peut les vendre, ou les garder pour l'électricité consommée sur place. Une entreprise peut aussi annuler elle-même des GO sur la plateforme du régulateur, pour prouver que sa consommation était verte.
Pour l'électricité que vous achetez encore, un contrat d'électricité verte réduit votre chiffre market-based. Votre fournisseur remet alors des GO pour votre consommation. Votre chiffre location-based ne change pas. Vous partagez de l'électricité avec une entreprise voisine ? Les mêmes questions se posent ; notre article sur le partage d'énergie entre entreprises explique comment cela fonctionne.
Quand une batterie n'améliore-t-elle pas votre bilan carbone ?
Une batterie est un mauvais premier pas si vous avez peu de surplus solaire, ou si le rapport est votre seule motivation. D'autres mesures réduisent alors vos chiffres plus vite et à moindre coût.
Sur un forum solaire, un internaute l'a dit sans détour. Si votre seul but est une empreinte carbone plus faible et que le réseau reprend votre surplus un pour un, passez-vous de la batterie. Pour une entreprise soumise au tarif capacitaire et sans compteur qui tourne à l'envers, le calcul est différent. Mais la logique tient : une batterie se rentabilise sur votre facture, et l'effet sur le scope 2 vient en plus.
- Vous autoconsommez déjà toute votre production solaire ? Une batterie n'ajoute alors rien au scope 2. Plus de panneaux, ou déplacer des consommations vers midi, fera davantage. Vérifiez d'abord la rentabilité des panneaux solaires pour votre entreprise.
- L'essentiel de vos émissions est en scope 1 ? Chaudières au gaz, camionnettes diesel ou groupe électrogène pèsent plus lourd que votre électricité du réseau. Commencez par là.
- Besoin d'un chiffre market-based plus bas rapidement ? Un contrat vert y arrive en une étape.
- Vous vous souciez de l'empreinte de la batterie elle-même ? Sa fabrication cause des émissions en scope 3. Une longue durée de vie, une seconde vie pour les batteries ou une élimination correcte des batteries lithium les limitent.
Important
Ne déduisez jamais des « émissions évitées » de votre empreinte. Le GHG Protocol permet de déclarer les émissions que votre solaire injecté évite sur le réseau. Mais seulement à part, en dehors des scopes 1, 2 et 3.
Vous voulez savoir quelle part de votre production solaire une batterie garderait sur votre site ? Appelez-nous ou envoyez un message.
Comment vous aidons-nous à obtenir les bons chiffres ?
Nous dimensionnons la batterie sur vos propres données de consommation et de production solaire, les mêmes que votre rapport demande. Le système et les chiffres partent ainsi d'une seule mesure.
- Étape 1 : Analyse et dimensionnement. S'il manque des données, nous pouvons d'abord mesurer votre consommation pendant une période.
- Étape 2 : Conception technique, adaptée à votre consommation, votre production et vos projets.
- Étape 3 : Installation et mise en service.
- Étape 4 : Monitoring et suivi. Vous suivez consommation, production solaire et charge de la batterie en temps réel, et vous tirez des rapports par jour pour vos chiffres.
Le GHG Protocol révise ses règles de scope 2 : une consultation publique s'est tenue du 20 octobre 2025 au 31 janvier 2026. En attendant une nouvelle version, le guide de 2015 s'applique. Conservez dès maintenant des données détaillées de comptage et de monitoring : vous serez prêt quelles que soient les nouvelles règles.
Questions fréquentes
Puis-je déduire l'électricité solaire injectée de ma consommation ?
Non. Le GHG Protocol comme les normes européennes de reporting demandent votre consommation totale et vos prélèvements bruts sur le réseau. L'énergie vendue ou injectée ne se compense pas avec votre consommation.
L'électricité de ma batterie compte-t-elle comme renouvelable ?
Une batterie est un stockage, pas une source. L'électricité qui en sort compte comme ce qui y est entré. Chargée par vos panneaux, c'est votre électricité solaire ; chargée sur le réseau, c'est de l'électricité du réseau.
Quel facteur d'émission utiliser pour la Belgique ?
Pour le chiffre location-based, le facteur moyen du réseau belge, d'une source reconnue comme l'AIE. Pour le market-based, le mix énergétique ou le contrat de votre fournisseur, et le mix résiduel belge pour l'électricité sans allégation verte.
Un groupe électrogène diesel sur le site compte-t-il dans le scope 2 ?
Non, dans le scope 1 : vous brûlez le carburant vous-même. Remplacer des heures de groupe par du solaire et une batterie réduit le scope 1, pas le scope 2.
Vous voulez savoir ce qu'une batterie change sur votre site ?
Parlez-nous de votre consommation, de vos panneaux solaires et de vos projets. Nous regardons combien d'électricité solaire vous injectez aujourd'hui. Puis nous montrons ce qu'une batterie pourrait garder sur place, pour votre facture et pour vos chiffres.
Sources
- GHG Protocol : Scope 2 Guidance (2015, avec corrections, en anglais)
- GHG Protocol : consultations publiques sur le scope 2 (en anglais)
- Directive (UE) 2026/470 modifiant les règles de reporting de durabilité
- Règlement délégué (UE) 2026/1560 : norme volontaire et plafond de la chaîne de valeur
- Règlement délégué (UE) 2026/1563 : ESRS simplifiées
- Commission européenne : reporting de durabilité des entreprises (en anglais)
- Vlaamse Nutsregulator : garanties d'origine (en néerlandais)