Listez les sites sur lesquels repose votre plan d'urgence, puis, par site, les charges qui doivent continuer à tourner. Fixez le nombre d'heures que chaque site doit tenir, et testez-le lors d'un exercice. Notre guide sur le groupe no-break compare onduleur, groupe électrogène et batterie ; la même logique vaut pour une maison communale. Un système de batterie pour entreprise prend le relais en quelques millisecondes : la cellule de crise ne se retrouve jamais dans le noir.
Après le black-out en Espagne et au Portugal en avril 2025, une discussion belge sur Reddit posait une question simple. Qu'est-ce qui tombe en premier, qu'est-ce qui continue à tourner, et qui intervient ? Pour un coordinateur planification d'urgence, la question est plus précise. Votre PGUI contient une fiche avec l'adresse du centre de crise, le code Wi-Fi et les radios ASTRID. Dit-elle ce qui se passe si ce bâtiment est lui-même privé de courant ?
Une longue coupure frappe le plan d'urgence deux fois. Elle est la situation d'urgence, et elle coupe les outils pour la gérer. Le centre de crise est souvent dans la maison communale, sur le même réseau que les rues qu'il doit coordonner. Le centre d'accueil est un hall de sport avec un éclairage électrique et un chauffage qui a besoin de courant. Et la solution évidente, « on trouvera un groupe électrogène », tombe quand toute la région en cherche un le même soir.
Des sites à vocation publique tournent déjà sur leur propre énergie. En Brabant wallon, une école privée à Incourt fonctionne entièrement hors réseau, avec de nouveaux panneaux solaires, un système de batteries et un groupe électrogène. Au pont cyclable entre Waregem et Wielsbeke, le premier raccordement était très loin. L'éclairage de navigation et l'éclairage public tournent sur un système hors réseau avec des panneaux solaires supplémentaires.
Qu'exige le plan d'urgence d'un centre de crise communal ?
Chaque bourgmestre doit disposer d'un plan général d'urgence et d'intervention (PGUI). L'arrêté royal du 22 mai 2019 en fixe le cadre juridique. Le plan prévoit aussi des centres d'accueil et d'hébergement pour les personnes qui ne peuvent pas rentrer chez elles.
La circulaire ministérielle du 14 mai 2024 précise l'arrêté royal. Elle recommande qu'un centre de crise dispose au moins de :
- une salle de réunion d'au moins 10 personnes, et de plus petites salles servant de back-offices ;
- des tableaux blancs, des écrans ou d'autres moyens de projection ;
- une ou plusieurs radios ASTRID et une éventuelle connexion radio analogique ;
- un système de vidéoconférence ou de téléconférence, la téléphonie et une connexion internet ;
- du matériel d'impression, de photocopie et de numérisation, et une salle pour une conférence de presse.
Relisez cette liste : à part le tableau blanc, tout s'arrête sans électricité. La circulaire recommande aussi un centre de crise alternatif, au cas où l'infrastructure habituelle serait inaccessible. Une analyse de risque en fixe l'emplacement, suffisamment loin du centre principal.
Attention
La circulaire cite la panne d'électricité comme exemple de situation d'urgence qui demande une coordination stratégique, même sans intervention sur le terrain. Une commune peut donc devoir gérer une coupure depuis un bâtiment lui-même privé de courant.
Quels sites communaux ont besoin d'une alimentation de secours dans le plan d'urgence ?
Au moins le centre de crise, son alternative, le centre d'accueil et le lieu qui répond aux habitants. Selon la circulaire de 2024, l'organisation du premier accueil des personnes impliquées est de la responsabilité de la commune.
| Site | Rôle dans le plan | Ce qui doit généralement fonctionner |
|---|---|---|
| Centre de crise principal | Le bourgmestre et les disciplines se réunissent et décident | Chargeurs des radios ASTRID, téléphonie, internet, ordinateurs, écrans, éclairage, régulation du chauffage |
| Centre de crise alternatif | Prend le relais si le principal est inutilisable | La même chose, ou au moins un raccordement préparé pour un groupe mobile |
| Centre d'accueil | Premier accueil des personnes qui ne peuvent pas rentrer | Éclairage, chauffage, sanitaires, recharge des téléphones, boissons chaudes |
| Centre d'hébergement | Nuitée | La même chose, pour une nuit ou plus |
| Point d'information | Répond aux proches et aux habitants | Téléphonie, ordinateurs, réseau |
| Local informatique communal | Courriel, site web, données de population | Serveurs, réseau, refroidissement |
Pour chaque centre d'accueil, le guide du NCCN demande la localisation, les contacts, la capacité, les sanitaires, les lits et le parking. L'électricité ne figure pas dans cette liste. Ajoutez une ligne par site : sur alimentation de secours ou non, et pour combien de temps.
Des personnes avec un équipement médical à domicile peuvent aussi arriver dans un centre d'accueil. Notre article sur le groupe électrogène en maison de repos ou en cabinet médical traite de l'oxygène, des frigos à médicaments et des ascenseurs.
Quelles charges doivent continuer à tourner au centre de crise et au centre d'accueil ?
D'abord la communication, ensuite la lumière et la chaleur, puis le confort. Une cellule de crise qui communique mais n'a pas de chauffage fonctionne encore. Une cellule chauffée sans radio, téléphone ni internet, non.
- Étape 1 : Communication. Les radios ASTRID et leurs chargeurs, le central téléphonique, le routeur internet, le switch réseau et les ordinateurs portables.
- Étape 2 : Lumière et accès. L'éclairage des locaux, des couloirs et des toilettes, et les portes ou barrières qui ne s'ouvrent qu'électriquement.
- Étape 3 : Chaleur. La plupart des chaudières au gaz ou au mazout ont besoin d'électricité pour leurs pompes et leur régulation. Sans courant, la chaudière s'arrête aussi.
- Étape 4 : Eau et repas. Selon le SPF Economie, la pression de l'eau peut baisser pendant un délestage dans certaines zones. Une bouilloire, un frigo et une machine à café tiennent une équipe éveillée pendant une longue nuit.
- Étape 5 : Le reste attend. La climatisation, les étages de bureaux et la salle du conseil n'ont pas leur place sur le circuit de secours.
Conseil
Placez les charges critiques sur un tableau séparé, clairement signalé dans le bâtiment. L'alimentation de secours reste plus petite et tient plus longtemps, et chacun sait quelles prises fonctionnent encore.
Combien de temps un centre de crise communal doit-il tenir sans réseau ?
Ni la circulaire de 2024 ni le guide du NCCN ne fixent un nombre d'heures : c'est à votre plan de le faire. Les chiffres officiels montrent à quelle vitesse le reste de la chaîne tombe.
Ce qui s'arrête quand le réseau ne revient pas
Un délestage ne dure normalement que quelques heures, aux moments de plus forte consommation, selon le SPF Economie. Notre article sur le plan de délestage et votre entreprise explique le plan et ses tranches. Une tempête, une inondation ou un défaut sur un gros câble peuvent durer bien plus longtemps.
Deux repères aident. Le centre de crise doit survivre largement au réseau mobile, car il devient le lieu vers lequel se tournent habitants et services. Et la Commission européenne demande aux citoyens des réserves pour au moins 72 heures. Une commune qui attend trois jours d'autonomie de ses habitants doit pouvoir coordonner pendant trois jours.
En pratique, cela donne deux couches. Une batterie couvre les premières heures, sans coupure et sans bruit. Un groupe électrogène avec un approvisionnement en carburant couvre les jours.
Comment calculer l'alimentation de secours dont un site a besoin ?
Additionnez la puissance des charges qui doivent tourner, puis multipliez par le nombre d'heures à tenir. La puissance (kW) dimensionne l'onduleur ou le groupe électrogène. L'énergie (kWh) dimensionne la batterie.
Un exemple en chiffres ronds : une cellule de crise qui consomme en moyenne 2 kW pendant 24 heures a besoin de 48 kWh. Les pertes et une marge de sécurité s'y ajoutent. Partez de mesures quand c'est possible : une semaine de mesure sur les circuits à garder en dit plus qu'une liste de plaques signalétiques.
Regardez les pointes, pas seulement la moyenne. Chaque moteur tire pendant quelques secondes plusieurs fois son courant normal au démarrage. Une pompe, un ascenseur ou un compresseur sur le circuit de secours fixe la puissance de l'onduleur, pas les lampes ni les ordinateurs.
Les panneaux solaires de la maison communale n'aident pas seuls. La prescription Synergrid C10/11 impose aux onduleurs raccordés au réseau de se couper quand le réseau tombe. Ils ne produisent que si un système de batteries forme un réseau local, et rechargent alors cette batterie en journée.
Batterie, groupe électrogène ou les deux : que choisir pour chaque site du plan ?
Pour le centre de crise principal, une batterie plus un groupe électrogène à démarrage automatique ne laisse ni coupure ni limite de durée. Pour les autres sites, un raccordement préparé pour un groupe mobile suffit souvent.
| Solution | Prend le relais | Tient | Convient à |
|---|---|---|---|
| Onduleur (UPS) sur serveurs et réseau | Sans interruption | Quelques minutes | Arrêt propre de l'informatique |
| Système de batteries avec fonction îlotage | En quelques millisecondes | Des heures, selon les kWh | Cellule de crise, point d'information, circuits critiques |
| Groupe électrogène fixe à démarrage automatique | Après quelques secondes | Tant qu'il y a du carburant | Longues coupures, tout le bâtiment |
| Batterie plus groupe à démarrage automatique | En millisecondes, groupe ensuite | Des jours, avec du carburant | Centre de crise qui ne peut pas s'arrêter |
| Groupe mobile sur un raccordement préparé | Quand il est sur place et raccordé | Tant qu'il y a du carburant | Centre de crise alternatif, centre d'accueil |
Selon Victron, un MultiPlus-II prend le relais en moins de 20 millisecondes, assez vite pour que les ordinateurs continuent à tourner. Un contrôleur Victron GX peut démarrer et arrêter un groupe selon l'état de charge de la batterie. Notre article sur le groupe électrogène avec batterie explique comment les deux se partagent le travail.
Pour le basculement entre réseau et groupe, lisez notre article sur l'inverseur de source manuel ou automatique. Pour le local informatique : plusieurs onduleurs ou une batterie centrale. Les infrastructures critiques utilisent les mêmes briques : notre rubrique médias montre une vidéo d'un système de secours pour une tour de contrôle d'aéroport.
Important
N'alimentez jamais un bâtiment depuis un groupe électrogène avec une prise mâle des deux côtés, ou en ouvrant seulement l'interrupteur général. Cela peut mettre sous tension le réseau où travaillent des techniciens. Faites installer une prise d'entrée et un inverseur par un électricien.
Peut-on compter sur un groupe électrogène réquisitionné ou loué ?
Seulement pour une coupure locale, et seulement si le groupe, le câble, le carburant et la personne pour le raccorder existent. Lors d'une coupure régionale, chaque commune, maison de repos et entreprise appelle les mêmes loueurs.
La loi du 15 mai 2007 relative à la sécurité civile (article 181) permet au bourgmestre de réquisitionner des personnes et des choses. C'est possible quand les services publics et les moyens font défaut. C'est un outil juridique, pas un stock de machines. Une réquisition ne crée pas un groupe qui n'existe pas.
ASTRID montre elle-même le bon ordre. Ses pylônes ont des batteries de secours standard pour au moins six heures. Pour des coupures plus longues, elle peut faire appel à des groupes électrogènes via ses fournisseurs. D'abord la batterie, ensuite le groupe, les deux prévus à l'avance.
Un groupe fixe amène ses propres obligations : stockage de carburant, bruit, permis et contrôles. Notre article sur le permis d'environnement pour un groupe électrogène les passe en revue.
Que mettre dans la fiche électricité de votre PGUI ?
Une courte fiche par site, à côté de la fiche avec l'adresse et le code Wi-Fi. Elle répond aux questions que personne ne veut se poser à 20 heures dans le noir.
- Quels circuits et quels locaux sont secourus, et lesquels ne le sont pas.
- Combien d'heures tient la batterie à la charge prévue, et combien de temps tourne le groupe sur un plein.
- Qui démarre ou contrôle le secours, avec un remplaçant en dehors des heures de bureau.
- D'où vient le carburant : stock sur place, fournisseur, contrat et délai de livraison.
- Où se raccorde un groupe mobile, avec le type de prise et la puissance nécessaire.
- La date et le résultat du dernier test en charge.
La cellule de sécurité teste les plans lors d'exercices. Intégrez au moins une fois une coupure de courant dans le scénario. Coupez l'alimentation réseau du centre de crise et voyez ce qui fonctionne encore. C'est la manière la moins chère de trouver la faille.
Vous voulez savoir quelles charges de votre centre de crise ou centre d'accueil doivent continuer à tourner, et combien de temps ? Appelez-nous ou envoyez un message.
Quand une alimentation de secours fixe ne vaut-elle pas la peine pour une commune ?
Quand un partenaire dispose déjà d'une cellule de crise secourue que vous pouvez utiliser.
Notre avis
La circulaire de 2024 permet de régler le centre de crise alternatif par un accord de coopération avec une autre autorité. Si une commune voisine, la province ou la zone de secours a déjà un local secouru, un accord coûte moins cher qu'un second système. Un centre d'accueil rarement utilisé peut se contenter d'un raccordement préparé pour un groupe. Une batterie fixe se justifie là où la cellule de crise sert tous les jours. Elle y stocke aussi l'énergie solaire et réduit la pointe du bâtiment.
Un pouvoir public doit en général suivre les règles des marchés publics pour un tel système. Notre article sur le marché public pour une batterie communale explique les procédures et le cahier des charges. Pour les écoles : une école peut-elle être autonome en électricité ? Pour les petites charges extérieures, voyez l'éclairage public autonome.
Que se passe-t-il quand une commune nous demande de sécuriser son centre de crise ?
Nous partons du plan : quels sites, quelles charges, combien d'heures.
- Étape 1 : Analyse. Nous listons par site les charges critiques et leurs courants de démarrage. S'il manque des données, nous pouvons d'abord mesurer la consommation.
- Étape 2 : Conception technique. Nous choisissons la batterie, la puissance de l'onduleur, le basculement et, si c'est utile, un groupe électrogène en seconde ligne.
- Étape 3 : Installation et mise en service.
- Étape 4 : Suivi et support. Vous suivez l'état de charge et la consommation dans notre logiciel de monitoring.
Nos batteries pour entreprises vont des petites installations aux systèmes modulaires jusqu'à 1 MW.
Questions fréquentes
La maison communale est-elle protégée dans le plan de délestage ?
Pas en tant que telle. Selon le SPF Economie, les clients prioritaires sont surtout les hôpitaux, les centrales d'urgence (112, 100 et 101) et les postes des gestionnaires. Les maisons de repos n'en font pas partie non plus.
La radio ASTRID fonctionne-t-elle pendant une longue coupure ?
Les pylônes ont des batteries pour au moins six heures, et ASTRID peut déployer des groupes électrogènes pour des coupures plus longues. Vos radios au centre de crise doivent quand même être rechargées : mettez leurs chargeurs sur le circuit de secours.
La batterie du centre de crise peut-elle aussi réduire la facture ?
Oui, si elle est dimensionnée et pilotée pour les deux. Les jours normaux, elle stocke l'énergie solaire et écrête la pointe du bâtiment. En Flandre, cette pointe fixe le tarif capacitaire : voyez comment le tarif capacitaire est calculé. Gardez dans la batterie une réserve jamais utilisée pour les économies.
Une batterie dans un bâtiment public demande-t-elle un permis ou un contrôle incendie ?
Les règles dépendent de la taille et de l'emplacement. Notre article sur la sécurité incendie d'une batterie d'entreprise couvre la sécurité incendie, le permis, le contrôle et l'assurance.
Faut-il mettre toute la maison communale sur secours ?
Rarement. Un secours pour tout le bâtiment devient grand et cher. Placez la cellule de crise, le point d'information et le local informatique sur un tableau séparé, et laissez le reste attendre.
Vous voulez que votre centre de crise fonctionne quand le réseau tombe ?
Dites-nous sur quels sites repose votre plan d'urgence et ce qui doit continuer à tourner. Un de nos ingénieurs vous dira si une batterie, un groupe électrogène ou les deux ont du sens, et pour combien d'heures.
Sources
- Centre de crise National : plans d'urgence
- Centre de crise National : soutien local et arrêté royal du 22 mai 2019
- Circulaire ministérielle du 14 mai 2024 relative à l'arrêté royal du 22 mai 2019
- Moniteur belge du 13 juin 2024 avec la circulaire
- NCCN : guide de l'éditeur de plans d'urgence, rédaction des PGUI
- SPF Economie : questions fréquemment posées sur la pénurie d'électricité
- ASTRID : la Protection civile en action (en néerlandais)
- Commission européenne : stratégie pour une union de la préparation, 26 mars 2025
- Synergrid : prescription technique C10/11
- Victron Energy : MultiPlus-II (en anglais)